Une histoire de Sources

 

Le rapport à la haute fidélité peut être quasi névrotique pour certaines personnes qui compensent sûrement par là toute une série de frustrations… Je ne pense pas en faire partie (!!). Quand j'achète du matériel, c'est le plus souvent devant une obligation de remplacer une pièce en panne ou pour profiter d'une "belle" opportunité (j'achète aussi bien du neuf que de l'occasion). Ensuite, je reste "en palier", sans rien acheter pendant des années et en ne me posant aucune question du genre "il faudrait écouter ceci ou cela".

Il faut dite que presqu'à chaque fois que j'ai fait des écoutes, je me suis dit que j'avais la chance d'avoir mieux à la maison…

La petite histoire illustrée ci-dessous s'étale sur des décennies, ce qui montre un faible rythme de renouvellement.


Les sources anciennes

Ci dessus, une belle pièce du constructeur français Microméga : le lecteur de CD ou "Transport" Trio CD (années 90), sans convertisseur, avec son magnifique couvercle en plexi laissant admirer la rotation du CD, comme dans les platines analogiques.
J'en ai profité de longues années jusqu'à ce que la diode de lecture manifeste quelques signes de fatigue et qu'il soit impossible de la remplacer (si vous avez des solutions, j'ai toujours cette machine au fond d'un placard…). Avant elle, j'avais eu une autre Microméga, une "Optic" et encore avant, le petit Sony D50, acheté (une folie…) en 1984, au tout début du CD en France. Avec les disques, ce fut un «électrophone» Image et Son des années 60 avec un ampli de… 2 fois 4 Watts. Et dans les années 1970,
une somptueuse platine Bang et Olufsen qui pouvait tourner verticalement (je faisais souvent la démonstration tout en lisant un disque : c’était pour prouver l’excellence du guidage du bras de lecture).

La diode du Trio CD en panne…


En 2005, Micromedia l'a ressuscitée avec l'Aria, un clone troublant qui reprend son design..


Les convertisseurs

D'abord un Wadia X32 pour accompagner une Microméga Optic (qui précédait la Trio-CD) :


J'en ai rêvé longtemps de cet appareil (bien décrit sur le site The Vintage Corner): Et je me souviens encore de la première écoute : la sonate à Kreutzer avec Perlmann/Ashkenazy : au bout de quelques instants, on n'écoutait plus le matériel mais la musique et tout le premier mouvement de cette sublime sonate de Beethoven.

Le X32 fut utilisé ensuite avec la Microméga Trio CD pendant plusieurs belles années jusqu'à un changement radical :

Ce fut l'extraordinaire Wadia 2000 - encore dans la course, aujourd'hui, pas loin de 20 ans après sa création ! 15 kg d'électronique en quatre boîtiers dont deux alimentations secteur, un monstre de puissance, qui en son temps, pulvérisait les performances des ordinateurs les plus rapides. Et surtout, un son incroyable de délicatesse et de subtilité : Andréa Bonatta sur un piano ancien jouant l'Elégie de Franz Liszt dans "Dernières Pièces Pour Piano - Andrea Bonatta", vers 4 minutes du début : un délié sublime qu'il faut avoir entendu au concert ou sur un très grand système. Ce morceau fait partie de mes tests les plus impitoyables de tout système de qualité.

Un site de passionnés de la Hifi Vintage avait mis en ligne une documentation avec de magnifiques photos Wadia avec ses trois modèles phares de l'époque, le X32, le 64.4 et le 2000 (mais le lien ne fonctionne plus en 2014).

The Vintage Corner (site français) l’a un peu remplacé.

Audiovintage est plutôt un forum intéressant mais sans grands articles historiques.

Ci-dessous, l’intérieur du Tuner Marantz 2110




D’autres vues du Marantz : les belles électroniques d’antan :



L’intérieur du Sansui 9900










 

Le transport CD/DVD Goldmund

En 2001, le transport Trio CD ayant rendu l'âme en m'obligeant à passer chez Goldmund avec leur Easydrive entraîna un effet colatéral : le Wadia 2000 lisait bien la musique… mais pas le son des DVD !! D'où un nouveau changement pour le convertisseur SRDA2 de Goldmund. En somme, un système Goldmund complet (seulement leur "bas de gamme" de l'époque quand même !). Depuis 2009 il n'y a plus d'équivalent chez Goldmund, le ticket d'entrée est devenu beaucoup trop onéreux hélas, même dans la ligne Métis.

Voici une vue de ce système qui resta à l'identique six bonnes années (c'est un bon signe en HiFi…). Depuis que je n'ai plus l'Easydrive, la lecture (et l'écoute) directe des DVD est beaucoup moins bonne…


 

Comme on le voit, le transport Goldmund est posé sur une plate forme Hipppocrène. D'un produit déjà très précis, on passe à une lecture extraordinairement naturelle. Tout est en place dès la première seconde. Une bien belle machine à base d'une mécanique Pioneer. Malheureusement, comme indiqué plus haut, une grave panne des transformateurs l'a rendue quasi irréparable (d'où mon passage à la Rosita). On pourra voir ce que pense Franck Romersa de la question des réparations en Haute fidélité dans son magazine THF.

La seule "raison" que l'on puisse admettre pour ce genre de panne tient au fait que ces machines sont comme des Formules 1, elles poussent les composants à fond pour en tirer le meilleur, d'où la casse bien connue pour les moteurs. N'empêche que les constructeurs pourraient être plus corrects envers leurs clients. Certes, Goldmund fait des produits merveilleux - j'en ai toujours et j'en suis enchanté - mais quand même, un petit effort des SAV serait le bienvenu, ne serait-ce que pour fidéliser les clients.. Sauf à considérer que ces entreprises se sont engagées dans une fuite en avant, peut-être suicidaire quand les clients les plus fortunés les auront fui pour d'autres vedettes. Si je compare avec un autre suisse, Nagra, c'est le jour et la nuit. L'entreprise répare toujours les vieux magnétophones… Et pour en rajouter sur la Suisse et ses valeurs, Breitling refabrique les pièces de ses chronos datant de 50 ans…


Le vinyle avec une Rega Planar

Pour les disques 33T, c'est une Rega planar 3 qui se trouve à l'arrière plan. Elle est aussi placée sur des accordeurs Hippocrène. Même si la cellule n'est pas jeune, la plénitude du son est immédiate. Mon plus gros problème avec les 33T a été de pratiquer pendant des années la lecture humide, ce qui a laissé des résidus de calcaire au fond des sillons… qui se font bien entendre sous forme de craquements dérangeants qui, à la longue s'estompent un peu, mais se manifestent hélas toujours. Heureusement, ma collection de LP étant conséquente, il me reste assez d'enregistrements anciens à redécouvrir. C’est à chaque fois le même choc.

Dans cette configuration de 2001, le flux du lecteur CD/DVD allait vers le convertisseur Goldmund SRDA2, sur plate forme lui aussi. On voit le convertisseur en bas à droite et en haut à gauche le préampli Goldmund de la ligne SRP sur accordeurs OMT1 Hippocrène.


La radio avec un Marantz


On remarque aussi en haut à droite le tuner Marantz 2110L avec son oscilloscope de réglage fin. Ce modèle de plus de 30 ans est encore de très haut niveau aujourd'hui si on utilise une bonne antenne bien orientée. Le son produit lors d'une émission en direct de France Musique (genre concert ou le programme d'Arièle Butaux le mardi soir est absolument magique. Meilleur qu'un CD. Toutes les micro-informations sont présentes et les fréquences utiles aussi (bande passante de 40 à 15 000 Hz). La diffusion des bandes master des concerts enregistrés est étonnante elle aussi, ce sont des moments de pur bonheur.

Un tuner permet aussi de découvrir d'autres musiques, de nouveaux interprètes et de nouveaux genres musicaux. C'est une ouverture sur la vie. Avec les CD, on a tendance à ressasser toujours les mêmes enregistrements, avec un tuner on s'élargit l'esprit.


Bien sur, mon 2110L n'a aucune présélection, ce qui ne me dérange pas puisqu'il est calé en permanence sur France Musique qui délivre le son le meilleur (bien supérieur à Radio Classique dont les programmes sont parfois plus faciles à écouter, par exemple en voiture…).

J'en profite pour faire une remarque jamais abordée - à ma connaissance sur aucun site : l'étalonnage voix/musique. Sur France Musique, l'ingénieur du son règle la musique à 0dB sur son vu mètre pour ne pas saturer la transmission et l'écoute. Mais il en fait autant pour la voix, vestige du temps où les rapports signal/bruit de la transmission FM n'étaient pas fameux. Ce qui veut dire que si on écoute la musique à un niveau réaliste, la voix est beaucoup trop forte. Et réciproquement. Quand je règle le niveau pour la voix, la musique est trop faible. Il faut sans cesse ajuster, ce qui n'est guère pratique. Les ingénieurs auraient pu baisser la voix à disons -10 dB. Pourquoi ne le font ils pas ??? Faudra-t-il attendre le numérique ?

Un site est consacré à ces tuners Marantz légendaires, on y trouve tous les détails. Et contrairement à tous mes lecteurs de CD qui sont tombés en panne, il marche toujours lui ! A l’arrivée, malgré son prix élevé à l’achat, c’est la moins chère de mes sources !

Au dessus, en gamme, il y a les 2130 ou ST7 à transistor et le fantastique 10B à tubes, cf. le site américain indiqué ci dessus.. Si un jour j’en trouve un, pourquoi pas ?

Le forum, Le Vert, est ouvert aux passionnés de Hifi. Il apporte plein de témoignages et des vraies études historiques sur la Hifi, notamment américaine.

L'oscilloscope intégré indique l'occupation des canaux stéréophoniques. On dispose d'une entrée extérieure (ligne) qui permet de regarder n'importe quel signal et ses composantes droite, gauche et niveau relatif.

Un signal monophonique : (le détecteur stéréo reste allumé car on utilise les deux canaux).

Et un signal stéréophonique :

L'oscilloscope permet aussi de réaliser un accord précis avec l'émetteur, c'est la syntonisation.

On repère très facilement les réflexions d'ondes dites multiptaths, en gros les distorsions quand le signal n'est pas parfait.


Du Marantz au Sansui…

En 2014, le Marantz a été complété d’une autre merveille Vintage de qualité encore supérieure : un SANSUI 9900.


Une qualité de réception extraordinaire, encore au dessus de mon Marantz. Je vous souhaite de connaitre le plaisir d'une grande retransmission en direct de France Musique.

Voici le compte rendu que j’ai fait sur un forum comparant ce Tuner avec le rendu des radios numériques sur le web.


Le plus flagrant s’entend sur un concert de jazz en direct en petites formations. Pour le classique symphonique, c’est plus variable, en fonction de la qualité de la prise de son et du mixage. Il y a quelques jours, le premier concerto de Shostakovich était insupportable avec un violon surdimensionné et trop présent… En étant méchant, on pourrait dire que le mixage était fait pour le streaming et surligner l'instrument…


Avec le Sansui 9900 :

Localisation parfaite des sources - Et elles ne changent jamais de place.

Profondeur et spatialisation très précises

Micro bruits (pe du public ou doigts sur les cordes ou les clés des instruments) - déplacements infimes

Meilleure séparation des instruments sur les forte

Je ne parle pas trop des basses ou des aigues car j’ai constaté que ça dépendait beaucoup de la prise de son. Parfois la basse est très présente, parfois nettement moins.

Ensuite, impressions plus subjectives :

Grain des voix

Douceur des attaques, sur le saxo en particulier - c'est ce côté "analogique" qui peut être flatteur mais ça doit dépendre du système d'écoute je pense ?

Sensation d’air qui se déplace


Avec le flux de F Musique

C’est simple : rien de tout ce qui précède…

Ecoute plate, pas de profondeur, très peu de localisation, etc.

C'est correct en écoute non attentive et très pratique en podcast, etc.


Précisions techniques :

Sansui 9900 raccordé à une antenne FM sur le toit.

Réception sensible à la météo : en ce moment avec la neige, c’est moins bien, légères distorsions sur le piano.

Je peux me connecter sur deux fréquences et suis obligé de changer en fonction de la météo - un peu pénible.


Critique fondamentale contre F Musique (émise depuis des années)

Pourquoi tout moduler à 0 dB ? : soit on écoute la musique au niveau normal et les voix sont beaucoup trop fortes soit le contraire !!! Il faut sans cesse ajuster…

(je laisse de côté les autres critiques sur la sale évolution de F Musique vers le « grand public » et des évictions de musicologues ou de vulgarisateurs de talent comme Arièle Buteaux).

De même les craintes qu'un jour on n'ait plus de FM comme en Norvège (sauf erreur).


 

D'UNE SOURCE A LA SUIVANTE : RIEN QUE DU PLAISIR