Un voyage à New York ne peut pas se concevoir sans une visite sur le site de Ground Zero.

Avec près de 3000 morts au total, c’est la plus importante catastrophe américaine avec Pearl Harbor.

En moins de 13 ans, New York a quasiment tout reconstruit avec une tour symbole de la liberté, haute de 541 mètres (1776 pieds, en coïncidence avec la date de l’indépendance) et de 104 étages construite par David Child. Après débats, le quartier se nomme le One World Trade Center, quelques buildings ont été reconstruits dans l’inspiration de ceux qui ont été détruits ou détériorés mais l’expression architecturale a pu s’exprimer librement. Daniel Libeskind a supervisé l’ensemble du projet.

En mai 2014, le quartier était encore en chantier, mais la fin était proche.

Quand on imagine le traumatisme qu’ont subi les Américains, on ne peut qu’être admiratif pour l’ampleur, la qualité et la rapidité de la reconstruction.

Ground Zero, inauguré 10 ans après les attentats, réunit les plus grandes valeurs américaines : l’énergie, visible dans la restructuration du quartier et la symbolique de la mémoire. Son artisan a été Michael Arad, un des principaux designers du 9/11 Memorial. Il a gagné l’appel d’offre devant 500 participants de 63 pays.

De Gaulle aurait dit des USA qu’ils n’avaient pas de passé. C’est vrai par rapport à la vieille Europe, mais au moins, ils ont de la mémoire.

A l’emplacement exact des tours jumelles deux immenses bassins ont été creusés. Ils possèdent deux niveaux en entonnoir et l’eau s’y écoule en permanence selon une très belle symbolique immédiatement perceptible sans qu’il soit besoin de lire la description que Arad en fait lui même : «Ce sont des espaces vides qui ne peuvent pas être remplis. L'eau y coule, mais malgré le passage du temps, les bassins ne se remplissent pas». C’est un symbole des vies perdues en ce lieu qui ne seront jamais remplacées et de la fuite du temps mais aussi de la vie qui se renouvelle et continue quand même.

Ajoutons que les visiteurs peuvent sentir couler cette eau sous les dalles de bronze dans lesquelles sont gravés les noms des 2983 victimes (11 septembre 2001 et 26 février 1993). Le jour de leur anniversaire, les visiteurs sont invités à y planter une rose blanche.

En ce jour de mai 2014, à une semaine de l’ouverture du musée, l’émotion de la foule était très forte, presque palpable. L'intention du designer était de construire un espace public correspondant à une minute de silence pour que chacun  décide de ce que cette minute devait représenter.

Les 700 millions  de dollars nécessaires ont été réunis avec des fonds publics et privés.

L’ensemble du budget s’élève à environ 11 milliards de dollars.

A terme, les promoteurs du projet souhaitent que Ground Zero soit oublié au profit du nom de One World Tour Center.






Matériel : Nikon D3S, zoom 14-24 mm f:2,8 et autres optiques Nikon f:2,8/180 mm, f:1,4/50 mm, f:2,8/105 mm, f:1,4/35 mm.




 
Ground Zero
One World Tour Center