La journée Michel CARLAT - 8 août 2007

Auberge de la Besse - Usclades et RIEUtord

LE MAS DE L’ESPINAS

 
 

Cette journée a été organisée conjointement par la Revue du Vivarais et l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de l’Ardèche.

Près de 100 personnes sont venues commémorer la mémoire de notre ami Michel Carlat chez ses amis Eliane et Gérard Méjean de la Besse.

Plusieurs orateurs se sont succédés pour rendre hommage à ses très nombreux travaux.

Le film ci-contre (format Quicktime) est le reportage de cette journée émouvante mais riche et pleine d’espoir.

Des suites sont envisagées, en particulier un prix Michel Carlat qui récompenserait les meilleurs travaux en ethnologie vivaroise et permettrait de soutenir et distinguer de jeunes chercheurs pour entretenir l’enthousiasme pour ces sujets liés à l’histoire, à l’environnement, au patrimoine et à l’ethnologie.


ERRATUM

Comme j’ai mis en ligne ce site très rapidement après le 8 août, il y a quelques erreurs de noms. Elles seront corrigées, pardon pour les confusions.

Dans le film, c’est de Michel ROUVIERE dont il s’agit et non de Michel FAURE.

Voir aussi le reportage photographique de la journée.



 
Michel CARLAT, l’historien de la pierre


La culture et le talent de Michel Carlat étaient si étendus que beaucoup de ses lecteurs ou amis qui croyaient bien le connaître ignoraient ses autres compétences.
Historien, bien sûr, mais aussi ethnologue, spécialiste de l’architecture rurale, de sa datation, de ses techniques, des parlers locaux, et plus généralement des arts populaires.
L’exemple de ses travaux sur la ferme de la Besse est édifiant de cette approche diversifiée, jamais fermée, toujours en éveil et sans cesse remise en question si des éléments nouveaux surgissaient.
Quand il aborde le bâtiment, il interroge évidemment les archives publiques ou privées. Ceux qui l’on accompagné dans ses recherches ont apprécié la diplomatie qu’il déployait pour se faire prêter des documents familiaux jalousement conservés ou cachés. Seuls quelques historiens ecclésiastiques aboutissaient à de telles performances mais avec une caution que leur état garantissait et que Michel Carlat devait à chaque fois gagner par la confiance renforcée par sa compétence. Et aussi la mémoire des parentés. Car pour accéder aux documents privés, il faut être capable de connaître les liens familiaux de leurs détenteurs, montrer qu’on s’intéresse à eux, qu’on entre dans leurs cercle de relations. C’est ainsi qu’au fil des années il apprivoisa nombre d’habitants de la Montagne. L’histoire des Méjean et des Tessier de la Besse s’est précisée au fil des années en gagnant la confiance, l’amitié et l’estime de Gérard et d’Eliane Méjean et la vive curiosité de leurs enfants, dépositaires de cette histoire multiséculaire.


VIDEO DE LA JOURNEE





Mais là où le talent et la culture encyclopédique de Michel font fortune, c’est quand il conjugue la lecture des archives avec celles de la pierre ou des charpentes dont ses études d’architecture lui avaient fourni les bases techniques. La logique de la construction, l’ordonnancement des appareils de pierre, la taille des pieds droits et des tenails, complétés plus tard avec son ami Christian Dormoy par l’aventure de la datation avec la denchronologie lui font faire de véritables découvertes et précisent l’histoire de la bâtisse et la mentalité de ses habitants. Ce ne fut pas un hasard si Emmanuel Leroy Ladurie lui confia quelques uns de  ses cours au Collège de France, Michel Carlat synthétisait plusieurs approches complémentaires, trop séparées encore aujourd’hui pour qui veut acquérir une perception globale et une compréhension fine de l’habitat comme révélateur d’une vision du monde.

Mais ce n’est pas tout, car pour préciser encore ses hypothèses, Michel Carlat se fait ethnologue, interroge, observe sans cesse les artisans et cherche la forme essentielle de leurs gestes, celle qui traverse l’histoire. Ses heures passées avec Léon Chareyre, ses discussions techniques, émaillées d’occitan quand le français n’exprime pas assez précisément les choses ont permis de comprendre encore mieux l’histoire locale.

S’y ajoutent la photographie et plus encore le dessin, le croquis qui condense, fait comprendre ou réagir les témoins qu’inlassablement il est allé consulter sur le plateau mais aussi plus bas en Cévenne et dans tous ces « pays » du Vivarais dont sa célèbre carte – partout reprise sans le citer - illustre en magnifiant son incroyable diversité et son infinie richesse.

On ne peut oublier enfin, la dimension philosophique et écologique qui ressort au fil d’une remarque historique ou d’une analyse architecturale sans mésestimer son rôle de maître d’œuvre de beaucoup de publications collectives qui font déjà autorité.

Les fermes du plateau qu’il a si souvent photographiées et explorées lui doivent beaucoup. Il a donné à la notion de patrimoine commun de l’humanité un sens fort et précis qui servira à ses successeurs.


Ses travaux sur la Besse ont été partiellement publiés (cf. la bibliographie dressée par Eloi Delbeque). Une version succincte à destination des clients de l’Auberge est disponible sur son site ainsi que d’autres documents sur Michel Carlat sur le site ci dessous.



Sites internet :

www.aubergedelabesse.com


Ancienne page dédiée à Michel Carlat


Bibliographie complète établie par Eloi Delbecque